|
gère la Documentation française : service-public.fr,
vie-publique.fr
et ladocumentationfrancaise.fr.
L'équipe de l'administration des sites, au sein du Département des
produits Internet, est chargée d'assurer le suivi et le bon fonctionnement
de ces sites. Au quotidien, il s'agit
notamment d'en concevoir et publier les pages HTML, sous l'impulsion
des chefs de produit. Pour ma part, je suis chargé de certaines
fonctions communes aux trois sites, comme les statistiques de fréquentation,
le référencement ou encore l'accessibilité. Un autre aspect de mes
missions, qui ressort de la gestion de la qualité, consiste à documenter
nos procédures et notre activité, notamment au travers de documents
de référence et de tableaux de bord. L'objectif étant d'aboutir
à une mutualisation des savoir-faire. C'est là un signe de maturité
de chercher à mieux (faire) connaître ses propres méthodes de travail.
Enfin, la veille est une composante importante, je centralise les
propositions des sociétés du secteur et organise éventuellement
des démonstrations. A vrai dire, c'est un poste qui représente bien
à mon sens l'évolution du secteur de l'Internet : après les informaticiens
et les graphistes, les organismes ont besoin de professionnels qui
savent gérer l'information, dans son acception la plus large. Et
ma formation de documentaliste n'a pas été pour rien dans mon recrutement.
Cepid
: Si on vous demande quel est votre métier, que répondez-vous
?
O. R. : (Rire). Paradoxalement, c'est peut-être au bout de
dix ans de carrière que je ressens toute la difficulté à faire comprendre
mon métier à mon entourage. Archiviste, puis bibliothécaire et enfin
journaliste et formateur, ces professions relativement bien identifiées
du grand public m'avaient permis d'ignorer le désarroi identitaire
des documentalistes. On pourrait dire que le poste que j'occupe
aujourd'hui est " en construction ", comme l'on disait de certains
sites au début du Web, dans le paysage socio-professionnel. Pour
les amis qui sont dans ma sphère professionnelle, je détaille un
peu, je leur explique que je suis un administrateur plus fonctionnel
que technique. Pour les autres, je m'en tiens à dire que je travaille
dans le domaine de l'Internet, et je parle au moins de service-public.fr
si je sens que mon interlocuteur a des chances de connaître.
Cepid
:
L'I.D., pour vous, c'est une vocation, une
passion ?
O.
R. : Une vocation certainement pas, ou tout du moins sous sa
forme explicite. Quand je suis entré à l'INTD, comme beaucoup de
mes camarades, je pensais que c'était un débouché naturel après
des études littéraires. C'est lorsque j'ai vu les offres d'emploi
dans les secteurs économique et juridique que j'ai compris la diversité
du métier. Une passion, cela me semble également un peu fort, même
si avec du recul on peut regarder son début de parcours et en apprécier
une certaine cohérence… J'aime bien ainsi tourner autour de l'idée
de l'accès : donner accès ou accéder à des gisements d'information.
Et sur ce plan, l'Internet a été un formidable catalyseur. Je me
souviens de la fascination avec laquelle j'ai entendu parler pour
la première fois des réseaux mondiaux au début des années quatre-vingt-dix.
La découverte de l'Internet fut pour moi un véritable déclic en
1994 et je pense qu'elle a influencé toute ma carrière depuis. Dès
1996, je consacrais ainsi mon mémoire de DESS à l'Impact de l'Internet
sur la profession de bibliothécaire (http://roumieux.com/impact).
Aujourd'hui, nous vivons une situation totalement schizophrénique
: d'un côté, la formidable "extension du domaine de l'information"
provoquée par l'Internet, et de l'autre, les tentatives des éditeurs
de verrouiller les accès. Les réseaux de peer-to-peer sont en train
de constituer la plus gigantesque bibliothèque multimédia au monde,
sans grand respect des droits de propriété actuels, tandis que certains
disques que vous achetez dûment ne sont pas lisibles sur votre auto-radio.
C'est là où l'on se dit qu'il est de plus en plus vital de préserver
et développer une forme de service public de l'information, notamment
au travers des bibliothèques. Et cet enjeu est passionnant, pour
reprendre l'un des termes de votre question.
Cepid
:
Quelle
formation avez-vous suivie, avec quels bénéfices et quels regrets
?
O.
R. : Après une maîtrise d'histoire médiévale, j'ai suivi l'INTD
en 1992-93, puis un DESS intitulé " Médias électroniques interactifs
" (Paris 8) en 1995 et 1996, alors que je travaillais déjà comme
bibliothécaire. J'ai le souvenir de ces deux formations comme des
années vraiment foisonnantes, où l'on a l'impression d'apprendre
beaucoup, de " s'en mettre plein la lampe ", j'ai envie de dire.
Evidemment, on râle toujours sur le coup : sur l'organisation, le
manque de moyens ou la composition des programmes. S'agissant du
DESS MEI, son cursus nous semblait à l'époque assez théorique et
ses débouchés plus qu'incertains. Un des responsables de l'équipe
pédagogique nous incitait à nous forger notre propre " grille de
lecture " pour mieux appréhender les bouleversements des technologies
de l'information. J'ai l'impression que je traîne toujours cette
idée de grille - et que je m'en sers - depuis toutes ces années.
Encore une compétence bien précieuse mais difficilement négociable
sur le marché du travail !
Cepid
:
Parlez-nous des premiers postes que vous avez
occupés...
O.
R. : Hormis lors de stages, je n'ai jamais exercé en tant que
documentaliste au sens strict du terme. J'ai fait mon entrée parmi
les professionnels de l'information en tant qu'archiviste, à l'Ecole
polytechnique lors de mon service militaire. Puis j'y suis resté
mais j'ai alors été embauché comme bibliothécaire. Je m'y occupais
des secteurs relatifs à la chimie, la biologie, la géologie et la
médecine. Autant vous dire qu'avec ma maîtrise d'histoire en poche,
je faisais parfois une drôle de tête devant certains livres à cataloguer.
En revanche, je m'occupais également du réseau de cédéroms et du
développement de l'Internet à la bibliothèque. Je me suis régalé
car on m'a laissé le temps d'apprendre beaucoup par moi-même. C'est
également là-bas que j'ai appris à commercer avec une ethnie particulière
mais bien précieuse pour les professionnels de l'information : celle
des informaticiens ! Je suis ensuite entré à Archimag comme journaliste.
J'ai pu alors forger et ciseler la fameuse " grille de lecture ".
J'y ai vécu cinq années capitales pour les professionnels de l'information
: celles de la diffusion de l'Internet et de ses conséquences métiers,
puis de la folie de la " nouvelle économie ". C'est assez exaltant
de suivre l'actualité de l'Internet et des métiers en observateur,
de se permettre des rapprochements, des comparaisons, de dégager
des tendances. Sans compter que question reconnaissance, rien ne
vaut la profession de journaliste (rire). Parallèlement, j'animais
des sessions de formations (particulièrement sur l'Internet) pour
la Serda. Les deux activités se sont avéré relativement complémentaires
: le journaliste formule des tendances et le formateur les vérifie
auprès de professionnels en exercice. Pourtant, vient un moment
où l'on a envie de recoller au terrain, de replonger dans des projets.
Cepid
: Quelles sont les qualités personnelles qui vous servent le
mieux dans l'exercice de votre métier ?
Sans
conteste la curiosité. Si l'on est amené à exercer un tant soi peu
des fonctions de veille, je pense que cette qualité est indispensable.
Je suis d'ailleurs parfois surpris de l'indifférence de certains
professionnels, qui se contentent d'assumer honorablement leurs
fonctions documentaires. Le goût du dialogue me semble également
important, que l'on soit amené à écouter un utilisateur ou bien
à vulgariser certains concepts. Vient enfin la rigueur, et dans
ce domaine je pense que le latin, le DOS et le catalogage sont très
formateurs !
Cepid
: Et si c'était à refaire ?
O.
R. : Drôle de question. Qui vivra verra, comme on dit. Mais
je pense que si j'avais la chance de vivre plusieurs carrières consécutives,
et d'en avoir les compétences, ce qui est encore autre chose, j'essaierai
bien des activités plus créatives, comme maquettiste ou infographiste.
J'ai toujours été attiré par la mise en forme des informations.
Cepid
: Merci beaucoup ! |