| |
4
- Les candidatures spontanées
Les
candidatures spontanées représentent 12,13% des réponses
et s'inscrivent au troisième rang. Selon le questionnaire diffusé,
53,3% les trouvent efficaces. Elles sont de plus en plus fréquentes
et confirment l'existence d'un marché de l'emploi non visible.
5
- Les concours
En
parallèle à leur recherche, un tiers des jeunes diplômés
passent des concours peu après l'arrêt de leurs études.
Environ 80% les considèrent inefficaces et deux personnes seulement
indiquent qu'ils ont été déterminants. Ces deux opinions
reflètent la difficulté de les réussir. Parmi les
concours préparés, ceux d'assistant qualifié de conservation
du patrimoine (25%), ceux des bibliothécaires (22%), les CAPES
/ CAFEP (18,75%) et ceux de chargés d'études en documentation
(14%) constituent des choix majoritaires.
6
- Le recrutement en ligne
Internet
permet aussi de repérer des occasions et de parcourir certains
sites web. Ce procédé est très récent et connaît
aujourd'hui un véritable développement. Les jeunes documentalistes
emploient ce moyen et se le sont approprié : 12,13% s'en servent
c'est à dire autant que pour les candidatures spontanées,
plus que pour la prolongation du stage, les concours et 82,67% le jugent
efficace. Ainsi, ils utilisent aussi bien les sites de la presse, de dépôts
de CV, ceux spécialisés dans la recherche d'un emploi, ceux
des entreprises.
On peut distinguer différents types de sites :
Les organismes français pour l'emploi : l'ANPE dont l'URL est www.anpe.fr
ou l'APEC (www.apec.asso.fr).
Les sites des professionnels présentent des " espaces emploi
" comme l'ADBS (adbs.fr) ou le CEPID (Cyberespace Emploi des Professionnels
de l'Information et de la Documentation : cepid.com)
Les sites privés spécialisés dans le recrutement
sont nombreux : Cadres Online (www.cadresonline.com), Monster (www.monster.fr),
Emploiweb (emploiweb.com)
Les cabinets de recrutements prennent également part à ce
mouvement. D'ordinaire ils sont peu utilisés par les répondants
dans leur conception traditionnelle (4,69%). La situation reste inchangée
puisqu'aucune personne interrogée ne les a mentionnés même
s'ils existent. Les plus connus sont Michael Page, Cox, Drouot Lhermine.
La plupart des grands groupes ont intégré à leurs
sites webs une partie consacrée à leur politique d'emploi
dans laquelle ils indiquent les postes libres ou nouvellement ouverts
B
- LES MODALITES DE RECRUTEMENT
1
- La durée de recherche
La
durée de recherche est plus ou moins longue selon chaque individu.
Certains sont embauchés suite à leur stage avant même
la fin de leur cursus (11,24%) mais la plupart ont trouvé une place
dans les sept premiers mois après leur sortie du système
universitaire. 43,89% mettent moins d'un mois , 22,30% mettent un à
trois mois et 15,82% cinq à sept mois. Ces résultats sont
encourageants pour les futurs documentalistes, la majorité des
étudiants travaillant dans l'année qui suit leur entrée
dans la vie active. Le délai moyen d'accès au premier emploi
se situe autour d'un à trois mois. Les chiffres laissent supposer
qu'un haut degré de diplôme n'est plus garant d'une période
courte de recherche. En effet, davantage de Maîtrises que de DESS
s'insèrent en moins d'un mois, soit 47,76% contre 35,08%. L'écart
observé est très vite comblé puisque les DESS possèdent
des taux supérieurs à ceux des Maîtrises pour les
laps de temps allant de " un à trois " et de " trois
à cinq " mois. Deux interprétations contradictoires
sont émises. D'une part, ces statistiques laissent craindre de
plus grandes difficultés pour les bac+5 donnant alors à
réfléchir à ceux qui souhaiteraient poursuivre jusqu'au
troisième cycle. Il est aisé de conclure qu'il serait préférable
de s'arrêter au niveau Maîtrise. D'autre part, l'arrivée
sur le marché des bac+5 se déroule aussi bien que celle
des autres jeunes : s'ils mettent plus de temps, c'est tout simplement
parce qu'ils souhaitent profiter d'une occasion. Ainsi, prise toute seule,
la durée de recherche n'est pas significative d'une distinction
: à chacun de savoir s'il veut rapidement obtenir un travail au
détriment du salaire, de l'intérêt des tâches
ou bien attendre pour avoir un poste de qualité mieux rémunéré,
plus qualifié et en adéquation avec ses critères
géographiques. Quant à la catégorie " Autres
", elle détient des records : 60% ont coché la case
" moins d'un mois ". Selon le sondage, la durée médiane
de recherche au premier emploi se situe entre un à trois mois .
Sur la durée totale de recherche, les répondants ont présenté
en moyenne entre 12 et 16 candidatures avec des écarts considérables
allant de zéro à plus de deux cent ! 45,58% des Maîtrises
n'ont eu besoin que d'un courrier contre 28,30% pour les DESS et 20% pour
les " Autres ". Par ailleurs, selon l'analyse des dates de contrats
fournies par cette enquête, plus de 50% des signatures ont lieu
à l'automne et au début de l'hiver et plus particulièrement
en septembre - octobre, moment bien connu de reprise générale
de l'activité économique après les grandes vacances.
L'époque la moins propice s'échelonne d'avril à août.
2
- Les sélections par des tests et des entretiens et les motifs
de recrutement
En
Sciences de l'Information, il semblerait que seule l'entrevue soit une
pratique courante. En effet, moins d'un quart des personnes interrogées
ont été confrontées aux tests : 16,66% concernaient
la graphologie, 22,22% la logique, 24,07% la psychologie. Les épreuves
de techniques documentaires (synthèse, résumé, anglais,
) l'emportent largement avec 33,33% des voix.. Les jeunes diplômés
sont essentiellement embauchés suite à une ouverture de
poste (35,2%). Ce premier motif invoqué confirme les nouveaux besoins
des employeurs en matière de gestion et d'organisation de leur
fonds et la bonne santé du marché en Documentation. En deuxième
position 20,8% citent le remplacement d'un membre d'une équipe
parti pour un autre travail soit pour des raisons personnelles ou familiales
soit pour découvrir d'autres tâches, d'autres fonctionnement
et environnement. A peu près au même niveau apparaissent
les congés maternité avec 19,2%, pourcentage normal compte
tenu de la forte féminisation de ces métiers. 12,8% des
interrogés ont également répondu qu'ils avaient été
recrutés pour effectuer une mission bien déterminée,
pour éliminer le retard dans le traitement d'une documentation
ou réaliser un projet précis. Ainsi, les deux dernières
raisons données (maternité et surcroît de travail)
impliquent un contrat temporaire à durée limitée
et de ce fait l'absence de stabilité professionnelle et une très
prochaine future recherche. Finalement, les départs en retraite
n'atteignent que 3,2%. En effet, l'âge moyen des spécialistes
est de 36 ans avec 45% d'entre eux en dessous de 35 ans.
III - L'INSERTION PROFESSIONNELLE VUE PAR LES
JEUNES DIPLOMES
A
- LE PROCESSUS D'INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLOMES
1
- Féminisation et mobilité professionnelle
La
population sondée se compose de 120 femmes et de seulement 20 hommes
soit 85,7% contre 14,3%. Cette répartition illustre la forte féminisation
qui caractérise la profession depuis très longtemps et qui
perdure encore aujourd'hui dans des proportions stables . Si le sexe masculin
est moins représenté, il n'en occupe pas moins des postes
supérieurs. Effectivement, les répondants sont webmasters,
veilleurs, responsables d'ingénierie documentaire, analystes programmeurs
et un seul est documentaliste généraliste. Ils exercent
donc à des places plutôt spécialisées en lien
avec des secteurs actuellement en plein essor et très demandeurs
de main d'uvre. Le commentaire d'une personne questionnée
appuie cette affirmation : " Les postes intéressants sont
souvent occupés par des hommes surtout dans l'axe stratégique
du KM où une femme a beaucoup de mal à être écoutée
et jugée crédible ". Quant à leur salaire, il
est plutôt correct, la moyenne brute annuelle se situant dans la
fourchette " 140 à 160 KF ". Les personnes interrogées
sont originaires de toute la France avec deux concentrations notables
: la Région parisienne et les Pays de la Loire . Pour accéder
à un premier travail, 31,3% d'entre elles ont été
obligées de quitter leur lieu de vie pour se rendre massivement
en Région parisienne. Ces départements accueillent 58,13%
des diplômés auxquels il convient d'ajouter tous les Franciliens
qui y sont demeurés. Ainsi le taux de 58,13% est largement dépassé.
La Manche, quant à elle, a offert des opportunités à
20,13% des jeunes et cinq individus se sont rendus à l'étranger.
Ces résultats sont confortés par une analyse similaire effectuée
sur l'emploi actuel des sondés : Paris et ses environs attirent
toujours autant avec 44,6% alors que la seconde place est détenue
par les Pays de la Loire (16,50%). Le Grand Ouest semble proposer quelques
postes (28,15%) .
2
- La Répartition par secteurs et types d'employeurs
Les
spécialistes de l'Information sont présents dans tous les
domaines d'activité et dans toutes sortes de structures. Ainsi,
37,77% d'entre eux pratiquent à leurs débuts dans une entreprise
privée, 10,38% dans une Association, 17,78% dans la Fonction Publique
et 8,88% en collège ou lycée. Pour leur travail actuel,
les chiffres restent stables avec 38,79% en entreprises privées,
10,34% en Association, 20,68% pour la Fonction Publique. Le privé
est donc le principal pourvoyeur de postes. Ce sont surtout les entreprises
de moins de 500 personnes qui recrutent : selon l'enquête, elles
ont engagé un effectif d'environ 25-30% contre 12,59-9,48% pour
celles de plus de 500 salariés . Le degré des études
entraîne des différences dans l'exercice de la profession
: en effet à la première embauche, la catégorie "
Autres " est majoritaire dans les entreprises privées avec
plus de 53%, suivie de près par les bac+5 avec 46,3% et par 27,27%
des Maîtrises. Celles-ci ont trouvé leur principal débouché
dans l'enseignement (31,31%). La Fonction Publique et les associations
accueillent tous les diplômés sans distinction de niveau
: ainsi elles comptent respectivement 18,18% et 10,60% pour les bac+4,
18,52% et 11,12% pour les DESS et finalement 13,33% et 6,67% pour les
" Autres ". Ces derniers intègrent également des
structures comme les institutions européennes ou les organismes
consulaires (20%). Les Maîtrises sont très présentes
dans l'enseignement contrairement aux DESS. Lors de l'emploi actuel quelques
modifications dans la répartition sont à noter : la Fonction
Publique engage plus de bac+4 que de DESS à savoir 27,42% contre
14,8%. Les Maîtrises semblent délaisser l'enseignement supérieur
- moins sept points - pour faire des collèges et lycées
leur domaine de prédilection. Pour le reste, aucun véritable
changement n'est à signaler.
Toutes les branches possèdent leurs documentalistes des transports
au design en passant par les télécommunications. Les plus
ouvertes à ces métiers sont l'éducation-formation
(26,4%), l'économie et les finances (8,65%), la santé (13,95%),
les NTIC (12,%) et le conseil-veille (7,7%) . Entre le premier poste et
le présent, une évolution a lieu en faveur des NTIC (15,38%
contre 8,65%) et de la santé (15,3% contre 12,5%). Le taux varie
de façon minime pour le conseil et la veille (8,33% contre 6,73%)
.
Les Unités documentaires comprenant entre un et cinq membres sont
proportionnellement plus nombreuses à savoir 68,9% . En moyenne,
33,78% des sondés disent n'appartenir à aucune équipe.
Les petites structures dominent largement : 33,78% sont donc constituées
d'une personne, 24,32% de deux à trois et 10,81% de quatre à
cinq. Parallèlement, des Centres conséquents existent :
15,31% sont composés de plus de douze individus. Ce taux inclue
le personnel présent généralement en effectif important
dans les bibliothèques car certains sondés travaillent dans
ce milieu. Les Services de taille limitée se trouvent dans les
entreprises. La Fonction Publique compte deux à trois documentalistes.
Quant aux associations, leur Unité documentaire est plutôt
réduite. Les collèges et lycées fonctionnent avec
en moyenne autour d'un à trois membres.
L'intégration à un groupe s'est bien passée pour
84% des répondants. Pour les autres, plusieurs types de problèmes
ont été rencontrés comme par exemple le fait d'être
à la fois plus jeune et plus diplômé que les personnes
en place ou encore d'apporter des conceptions novatrices venant modifier
la marche régulière de l'Unité documentaire
et ce notamment lorsque ces idées sont en rapport avec les NTIC
ou la veille. Quelques débutants parlent d'une opposition de générations
parfois très difficile à vivre et d'un manque d'efforts
des collègues pour faciliter l'adaptation rapide de la recrue à
son nouvel environnement. Par exemple, certains déclarent ne pas
avoir eu " de bureau personnel, pas d'ordinateur, pas de téléphone
". Une autre personne ajoute " Je bossais sur une table de consultation
et je ne faisais pas les mêmes tâches que les documentalistes
". Heureusement, la majorité ne s'est pas plaint d'un tel
comportement des aînés.
B
- LES CARACTERISTIQUES DES EMPLOIS
1 - Les contrats de travail
Lors
de la première embauche, les CDD (Contrat à Durée
Déterminée) atteignent 77,62%, les CDI (Contrat à
Durée Indéterminée) 15,67% et les emplois jeunes
2,98% alors qu'actuellement 38,59 % des sondés occupent un CDD,
52,64% un CDI et 6,14% un emploi jeune. De leur entrée sur le marché
à aujourd'hui, la tendance s'est inversée : les emplois
temporaires au départ majoritaires sont devenus minoritaires. Les
futurs étudiants peuvent espérer atteindre une certaine
stabilité professionnelle à moyen terme. La signature immédiate
d'un CDI est beaucoup plus fréquente pour les DESS et les "
Autres " que pour les Maîtrises soit environ 21,15% et 26,6%
contre seulement 8,95%. Ainsi, une année d'étude supplémentaire
ou la réputation de l'école permet d'augmenter les chances
d'obtention d'une situation durable. Avec l'expérience, les bac+4
accèdent plus facilement à un CDI puisqu'aujourd'hui ils
sont 42,63% soit 33 points de plus que précédemment. Toutefois,
ils ne comblent pas l'écart avec les DESS qui sont passés
à 61,90% soit une hausse d'environ 40 points. Globalement, le taux
de CDI des débutants reste inférieur à celui de l'ensemble
des professionnels de l'Information (73%) .
Seuls 42,72% des gens questionnés disent avoir bénéficié
d'au moins un renouvellement de leur contrat : ce dernier a été
prolongé en moyenne 9 mois, soulignant la multiplication des CDD
de courte durée. Seuls 20,2% des emplois provisoires ont été
transformés dont 81% en CDI : peu d'entreprises sont prêtes
à créer des postes sur le long terme même si de forts
besoins existent. Ainsi, le domaine de la Documentation est lui aussi
touché par la précarité : 42% déclarent avoir
accumulé les places à durée limitée à
la question 55. Presque la moitié soit 42,9 % avoue n'avoir jamais
acquis de réelle stabilité professionnelle, 27,4 % avoir
attendu moins d'un an, 22,9% entre un et cinq ans. Les personnes rapidement
satisfaites sont également celles qui ont obtenu un CDI dès
leur sortie du système éducatif.
Plusieurs opinions s'opposent sur cette question. Certains souffrent de
ne pas pouvoir accéder à un CDI alors qu'ils ont suivi de
hautes études devant soit disant leur éviter de vivre une
telle situation. Ils ont l'impression d'être exploités et
dévalorisés et pensent qu'il ne faut pas accepter n'importe
quelle proposition sous prétexte que l'on est nouveau sur le marché
: " Beaucoup trop d'emplois de documentalistes sont actuellement
proposées en CDD ou emploi jeunes alors que ce sont souvent des
postes à hautes responsabilités ce qui est d'autant plus
scandaleux
et démotivant ". D'autres ne conseillent "
pas de prendre un petit boulot en CDD pour patienter. Il est alors plus
difficile de se consacrer à sa recherche d'emploi après
avoir fait sa journée, d'entrer en contact avec les entreprises
hors des horaires de son travail ou même de poser des jours pour
d'éventuels entretiens. De plus, il est impossible légalement
de quitter ce CDD précaire pour intégrer le job rêvé
et c'est ainsi que des opportunités s'envolent " ou écrivent
que " les emplois jeunes, précaires, empêchent de décrocher
un véritable travail. Mais, tant qu'il y aura des jeunes diplômés
pour accepter ces conditions !
". En guise de réponse,
quelques uns insistent sur l'expérience très diversifiée,
la découverte d'environnements différents et l'exécution
de nombreuses missions permettant d'agrandir son réseau professionnel
et par la suite de trouver un emploi à sa convenance. Ainsi, un
jeune documentaliste dit " avoir été déçu
de ne pas avoir décroché un CDI mais être ravi des
fonctions qu'il exerce " et un autre raconte que les multiples CDD
lui ont permis de s'adapter aux organisations et méthodes de travail
variées des Services d'Information du privé et du public.
Il semblerait bien qu'un changement de comportement soit en cours : les
débutants souhaitent avoir un rôle intéressant et
prêtent moins d'attention aux autres facteurs : " Je suis plus
à la recherche de missions de courte durée (moins d'un an)
impliquant un intérêt soutenu ". Actuellement, ils veulent
à la fois une stabilité et des tâches passionnantes.
2
- Les statuts des jeunes diplômés en Sciences de l'Information
Au
regard des grandes catégories socioprofessionnelles observées,
35,55% des individus questionnés se sont positionnés lors
du premier travail sur " employés ", 12,59% sur "
vacataires ", 22,23% sur " cadres ", 11,85% sur "
contractuel de la fonction publique ou territoriale "... Ils sont
peu à être cadres alors qu'ils possèdent pourtant
le niveau d'études requis. Aujourd'hui, les employés sont
27,12%, les vacataires 4,24%, les cadres 33,89% et les contractuels de
la Fonction Publique ou Territoriale 11,86%. Cette fois-ci, le statut
de " cadre " est cité majoritairement dénotant
que le temps a contribué à son obtention. La catégorie
" Autres " et les DESS apparaissent être avantagés
par rapport aux Maîtrises. En effet, à la première
embauche, 32,69% des bac+5, 46,66% des " Autres " et uniquement
8,82% des bac+4 exercent en tant que cadres. Les Maîtrises occupent
surtout des postes d'employés (39,70%), de vacataires (17,64%)
et de contractuels (13,28%).Après quelques temps, la situation
ne s'est pas énormément modifiée : les DESS devancent
toujours les Maîtrises pour les emplois de cadres à savoir
plus de 50% contre 15,62% alors que ces dernières renforcent leur
effectif dans les rubriques " contractuels " et " fonctionnaire
".
Afin de conclure sur cette question, 66,6% des cadres et 56,18% des employés
à leurs débuts travaillaient principalement dans les entreprises
privées alors que les associations comptabilisaient plus d'employés
(16,6%) que de cadres (10%). Les vacataires se concentraient surtout dans
l'Education avec 41,17% pour les collèges et lycées et 35,29%
pour l'enseignement supérieur. Quant aux emplois jeunes, ils étaient
fortement représentés dans la Fonction Publique et dans
les associations. Actuellement, aucun véritable changement n'est
à remarquer. Les employés et les cadres dominent toujours
dans les entreprises. L'écart se creuse entre ces deux statuts
dans les Associations : effectivement, les premiers sont 19,35% contre
7,5% pour les seconds.
3 - Les rémunérations
Les
répondants percevraient en moyenne entre 120 et 140 KF à
leur entrée dans la vie active et 140 à 160 KF aujourd'hui
soit une hausse d'environ 20 KF . Cette dernière est à imputer
à l'expérience acquise en quelques mois qui leur permet
de se vendre plus cher aux recruteurs et d'exiger une rétribution
à la hauteur de leur diplôme et surtout de leurs compétences.
Les récentes évolutions de ces métiers sont à
l'origine de la hausse globale des salaires pour les nouveaux arrivés
: des veilleurs sondés déclarent recevoir en moyenne 160-180
KF annuels. Le niveau d'étude paraît avoir une influence
sur les appointements. Ainsi lors du premier emploi, les Maîtrises
perçoivent en moyenne 100-120 KF, les DESS 130-150 KF et les "
Autres " 135-155 KF. Par la suite les rémunérations
augmentent avec 115-135 KF pour les bac+4, 156-176 KF pour les DESS et
150-170 KF pour les autres répondants.
De grandes disparités de revenus sont présentes à
l'intérieur de chaque niveau. Lors du premier travail, 20,37% des
sommes versées aux Maîtrises atteignent 60 à 80 KF,
24,7% 80-100 KF, 25,9% 100-120, 18,52% 120-140 KF et seulement 5,55% 140-160
KF et 160-180 KF. Actuellement, 11,53% s'élèvent à
60-80 KF, 23,07% à 80-100 KF, 15,38% à 100-120 KF et 21,15%
à 120-140 KF. Pareillement, les DESS et " Autres " connaissent
des situations fort diverses. L'évolution démontre une hausse
pour tous les degrés entre l'arrivée sur le marché
et le moment présent.
Concernant les statuts, les " employés " détiennent
une moyenne de 110-130 KF à leurs débuts, les " cadres
" de 150-170 KF. Par la suite, les premiers reçoivent 130-150
KF soit 20 KF supplémentaires et les seconds 160-180 KF soit une
majoration moindre de 10 KF. Les emplois jeunes sont les plus mal rétribués
avec une fourchette médiane de 75-90 KF qui se maintient malgré
les années passées : ils sont mal lotis alors qu'ils auraient
sûrement pu trouver mieux. Accepter un contrat de ce type ne peut
être que temporaire, donne de l'expérience mais il faut bien
réfléchir aux conditions proposées et notamment celles
pécuniaires. Les contractuels gagnent autour de 100-120 KF toute
période confondue. En résumé, les " cadres "
sont les mieux payés mais la différence est ténue
avec les " employés " confirmant l'idée d'une
évolution vers une distinction moins nette entre les statuts et
d'une hiérarchie des appointements qui se resserre. Par ailleurs,
toucher un gros cachet ne signifie pas avoir plus de pouvoir d'achat,
les coûts variant selon la localisation géographique.
Au niveau des intitulés de postes, le salaire moyen d'un jeune
documentaliste est situé entre 120-140 KF et entre 135-155 KF après
quelques mois de travail. Ces montants se positionnent dans la fourchette
donnée par l'APEC à savoir 130-180 KF. Les revenus des administrateurs
de base de données, webmasteurs, cyberwriters
s'élèvent
à 125-144 KF puis aujourd'hui à 130-150 KF. L'analyste indexeur
est rétribué à la hauteur de 120-140 KF et aucune
progression n'est à remarquer. Finalement, 160-180 KF sont octroyés
au veilleur contre 150-180 KF officiellement.
C - APPRECIATION DE LEUR EMPLOI
1
- Adéquation entre espoirs des jeunes diplômés et
les postes occupés ?
A
leur premier travail, 30,2% des jeunes documentalistes déclarent
occuper un " emploi visé ", 44,8% un " emploi de
circonstance " et 25% un " emploi intermédiaire "
alors qu'actuellement ils sont 59,2% pour l'" emploi visé
", 24,3% pour l'" emploi de circonstance " et 16,5% pour
l'" emploi intermédiaire ". Ainsi, le nombre des postes
acceptés par nécessité ou ne se trouvant pas en totale
adéquation avec les espoirs des recrutés a très nettement
diminué en faveur de places répondant complètement
aux aspirations de chacun. Cette progression est très encourageante,
les débutants réalisant des tâches qui leur conviennent
pleinement au bout de quelques mois voire de quelques années d'activités.
Les Maîtrises accèdent malaisément à la fonction
souhaitée par rapport au DESS ou " Autres " : aujourd'hui,
les bac+4 ne sont que 54% à pouvoir cocher la case " emploi
visé " contre 62,8% pour les bac+5 et 72,8% pour la catégorie
" Autres ". Au départ, ils se situent au même niveau
que les autres sondés et par la suite leur attente a été
plus longue pour atteindre leurs objectifs : ils sont en dessous de la
moyenne pour l'" emploi visé " et détiennent la
part principale des " emplois intermédiaires ". Ils sont
donc parmi les premiers déçus puisqu'ils espéraient
trouver un travail plus conforme à leurs souhaits. En quelques
mois, les bac+5 sont passés de 39,3% à 25,6% pour les "
emplois de circonstance " et de 29,4% à 11,6% pour les "
emplois intermédiaires ". La plupart (41,91%) considèrent
leur emploi actuel " satisfaisant " et 33,82% " très
satisfaisant " soit au total 75,73% démontrant qu'une large
majorité effectue des tâches désirées. Seuls
2,94 % des jeunes pensent qu'il n'est " pas satisfaisant ".
2
- Les raisons de ce jugement
Les
raisons invoquées pour justifier cette opinion sont variées.
Pour les " très satisfaits ", ils indiquent à
part égale le " travail " soit 22,7%, " l'ambiance
" et les " tâches à effectuer " : à
eux trois, ils totalisent 68,1%. Suivent la " localisation géographique
" (14,1%) et le " salaire " (11%). Quant aux personnes
" satisfaites ", elles le sont grâce au " travail
" (22,9%), à l'" ambiance " (19,6%), aux "
tâches à effectuer " (19,6%) et à la " localisation
" (15,7%), le salaire ne recueillant que 8,5%. Des critères
identiques sont fournis par les diplômés " peu satisfaits
" ou " pas satisfaits " : 12,3% et 12,5% n'apprécient
pas le " travail " en lui même, 15% et 25% l'" ambiance
", 20,5% et 18,7% les " tâches à effectuer ",
15% et 6,5% le " salaire " et 13,7% et 12,5% les " possibilités
d'avancement " offertes.
Les missions à accomplir sont devenues primordiales pour les nouveaux
venus qui veulent vivre leur métier par passion et non par nécessité
alimentaire. Un répondant conseille : " Et même si c'est
souvent le cas, ne pas chercher un emploi pour manger, mais en chercher
un pour continuer de grandir, de s'enrichir, bref, pour se faire plaisir
". Ainsi, ils privilégient les relations humaines dans l'équipe,
la teneur de leur travail au détriment du revenu qui lui est moins
évoqué. Celui-ci se classe au cinquième rang parmi
toutes les réponses collectées soulignant que le montant
n'est pas toujours en adéquation avec la qualification. Pour la
plupart, la localisation constitue un élément déterminant
: elle est très citée par les " satisfaits " et
peu par les " pas satisfaits ". Quant à l'ambiance, elle
est à la fois un critère de grande satisfaction et d'insatisfaction.
Elle joue un rôle essentiel : les documentalistes veulent exercer
dans un milieu où ils s'épanouissent. Finalement, les possibilités
d'avancement apparaissent être limitées : elles recueillent
peu de voix pour les mieux lotis au contraire des mécontents qui
lui attribuent le troisième rang ex aequo avec le travail et la
durée.
3
- La qualité des formations
Selon
certains, la connaissance des systèmes informatiques, l'apprentissage
des nouvelles technologies, la pratique de logiciels documentaires, la
présence d'un encadrement à la fois professeur et professionnel
en activité, les exercices approfondis de techniques documentaires
et de réalisation de produits, les cours de méthodologie
se sont avérés autant d'atouts pour obtenir le respect des
collègues de travail et être apprécié. Ces
enseignements leur ont servi sur le terrain. D'autres expriment une opinion
plus nuancée. Ainsi vingt-neuf enquêtés considèrent
utile la compréhension des systèmes informatiques et des
nouvelles technologies alors que trente deux débutants estiment
la formation inadaptée dans ces mêmes domaines. Les répondants
ne sont pas tous diplômés de la même année et
les cours suivis ont plus ou moins intégré les évolutions.
Les personnes ayant quitté l'Université entre 1992 et 1996
ont un point de vue plus critique, l'accès aux ordinateurs et à
Internet dans les diverses sections ne datant bien souvent que de deux
ou trois ans. Ainsi, ils n'ont pu bénéficier de l'avancée
des technologies alors que les étudiants des années 1997,
1998, 1999 en ont profité pleinement
4
- Les conseils donnés aux futurs diplômés en Documentation
Afin
d'aider leurs futurs collègues à réussir leur insertion
professionnelle, les débutants recommandent de ne surtout pas se
décourager dans la recherche d'un travail même après
plusieurs tentatives infructueuses : " On a toujours l'impression
que c'est long et on passe son temps à être jugé mais
avec le recul cela en vaut la peine ". La persévérance
finit par payer. Il faut analyser ses échecs pour en retirer le
positif et trouver les solutions appropriées aux questions et situations
ayant posé problème afin de pouvoir ultérieurement
y faire face avec succès. Un documentaliste déclare : "
perte de confiance en soi face à des réponses négatives,
très bien à force de patience et d'enchaînements de
plusieurs entretiens ". Les individus questionnés ajoutent
de ne pas rester seul mais s'entourer de personnes : membres de la famille
pour un soutien moral, formateurs ANPE... Ils suggèrent aussi d'appliquer
les méthodes de recherche apprises en Documentation pour repérer
un poste. Une personne déclare avoir vécu cette période
comme " une recherche documentaire : identifier mes souhaits précis,
rechercher les entreprises disponibles qui pourraient y répondre
au plus près, ne pas s'attarder aux offres avec lesquelles je n'étais
pas en adéquation, donc rechercher la meilleure pertinence ".
Etre sélectif dans les annonces paraît être primordial
car les employeurs s'aperçoivent très rapidement de l'inadéquation
entre l'offre et la demande et du manque de motivations du candidat. Les
jeunes ne doivent pas se précipiter sur toutes les propositions
mais " prendre un poste qui plaise et ne pas accepter n'importe quoi
sous prétexte qu'il est indécent aujourd'hui de refuser
un travail ".
Les premières entrevues sont généralement difficiles,
la peur de ne pas convenir à l'emploi étant très
présente et la timidité l'emportant face à des recruteurs
affichant une assurance apparente. Même si " la fac ne prépare
pas aux exigences du marché du travail et n'apprend pas à
se vendre ", chacun a ses chances de percer et d'être retenu.
Les employeurs veulent faire le meilleur choix et ils ne sont pas forcément
aussi sereins qu'ils veulent le laisser croire. Par conséquent,
" Foncez " et " Montrez vos motivations " : il est
nécessaire de bien préparer la rencontre, d'exposer un projet
professionnel clair et de " se positionner comme quelqu'un qui offre
ses services et non comme un demandeur d'emploi ". Les nouveaux professionnels
suggèrent de ne pas se laisser impressionner par les reproches
des entreprises en matière d'inexpérience : " Ne disons
jamais je ne sais pas faire, disons j'apprendrai ". Il est indispensable
de compenser cet handicap par un intérêt accru pour les missions
et pour le groupe lui-même. Les répondants notent aussi leur
méconnaissance des prétentions salariales : c'est pourquoi
certains ont accepté des revenus sans aucune négociation
et se sont rendus compte par la suite qu'ils auraient pu exiger un peu
plus : " Ne pas se vendre au rabais ". Il est donc conseillé
de se renseigner durant sa recherche pour éviter tout écueil
de ce genre.
CONCLUSION
Le
débutant type est une fille exerçant surtout des fonctions
de documentaliste généraliste dans le secteur privé
à un poste d'employé, en Région parisienne dans un
service de taille limitée à temps plein avec pour commencer
un contrat à durée déterminée pour une rémunération
annuelle brute comprise entre 120-140 KF. Les revenus ne suivent pas l'élévation
des exigences. Actuellement les jeunes récemment sortis du système
éducatif profitent de l'embellie économique et des nouveaux
besoins apparus chez les chefs d'entreprise. Les bac+4 accèdent
plus rapidement que les DESS à leur première place mais
ils sont légèrement moins bien payés, occupent des
postes plus précaires avec davantage de CDD et d'employés.
Quelques années plus tard, l'expérience leur permet de combler
ces écarts. Les bac+5 remplissent des fonctions plus spécialisées.
La faiblesse de ses nuances pose la question de savoir si poursuivre jusqu'à
un troisième cycle se justifie. La réponse dépend
du projet professionnel et des ambitions de chacun. Par ailleurs, le niveau
requis par les recruteurs s'élevant sans cesse, posséder
un DESS ne peut pas nuire et permettra d'être à égalité
avec les futures générations qui ne manqueront pas d'obtenir
cette année supplémentaire. Dans l'ensemble, les jeunes
diplômés s'avèrent satisfaits et leur devenir n'est
pas homogène.
Toutes les conclusions de ce mémoire à titre indicatif.
Mon travail devra être approfondi : aujourd'hui les répondants
n'ont sans doute pas encore assez de recul par rapport à leur insertion
récente. Il serait donc intéressant de les interroger à
nouveau dans quelques années afin de confirmer ou d'infirmer les
orientations et tendances remarquées. Les différentes sections
documentaires devraient allier leurs efforts et se mettre d'accord sur
l'élaboration d'un questionnaire unique diffusé aux anciens
élèves sur un laps de temps déterminé. Les
résultats concerneraient l'ensemble des débutants et rendraient
possible une comparaison à l'échelle nationale plus proche
de la réalité. 
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